
101 mètres de long, 15,60 mètres de large, 2600 mètres carré de voiles, 20 km de cordages, 4100 tonnes au total… voilà des mensurations qui font de l’Amerigo Vespucci l’un des voiliers les plus massifs au monde. Un trois-mâts italien qui culmine à 54 mètres au-dessus du niveau de la mer et pointe en tête des coups de cœur des Armadiens et Armadiennes. Preuve en est, les quelques dizaines, voire centaines, de personnes qui attendent patiemment en file indienne devant le bateau – l’Amerigo Vespucci accueille en moyenne mille personnes par heure ! - tout cela pour frôler du bout des pieds la vie intrigante de ces officiers. Un petit tour de pont – certes majestueux - un peu frustrant tout de même. Ariel et Fisheye ont donc décidé de vous embarquer au cœur du mastodonte des mers. Rencontre avec le capitaine des lieux.

Maurizio Bonora, 48 ans, un faux air de Sean Connery, et surtout un charisme qui en impose. Il faut dire que le CV du Monsieur a également de quoi impressionner. Parmi les titres et les diplômes, quelques décorations : chevalier de l’ordre du mérite de la République italienne, croix d’or de l’ancienneté de service, croix mémorative OTAN de l’opération Allied Force… et la liste n’est qu’exhaustive.
Derrière l’uniforme, l’homme ne cache pourtant pas son émotion devant tant de considération française pour les voiliers et en particulier pour le sien. « J’ai été très surpris par l’amitié porté à l’Amerigo Vespucci. C’est un peu le chouchou ici, il paraît… c’est une vraie fierté », confie-t-il, en effet, dans un français presque parfait. Capitaine du vaisseau depuis octobre dernier seulement, il vit sa première Armada - contrairement au bateau présent quant à lui pour la troisième année sur les quais de Rouen -, mais aussi sa dernière à bord de l’Amerigo Vespucci qui change en effet de commandant chaque année.

Un rôle prestigieux qu’il prend donc très à cœur : « Plus que capitaine, je me sens presque directeur d’un musée ». Car, sur le bateau d’école de la marine italienne construit en 1931 sur le modèle des voiliers de la fin du 18ème siècle, tout – ou presque – est d’époque. Même les techniques de travail ! « Tout est fait à la main », poursuit en effet le commandant Bonora. « Pas moins de huit personnes sont ainsi nécessaires pour manier la barre à roues et une quinzaine pour tourner un cabestan. » Un bon entraînement pour la centaine d'élèves qui ont embarqué à Rouen d'ailleurs, au terme de leur première année à l'Académie navale de Livorno, pour trois mois d'enseignement maritime avant la reprise en septembre.

« Après Rouen, direction le Danemark, puis la Hollande, l'Espagne, Toulon et enfin l'Italie. Plus que de prendre la mer, nous leur enseignons la culture maritime, les échanges avec les marins étrangers sont primordiales et l'Armada est extraordinaire pour cela ! », se réjouit le marin d'expérience qui devrait d'ailleurs, au terme de son commandement sur ce magnifique morceau d'Histoire maritime, se reconvertir en état major de la Défense en Italie. Rien que ça. Une fonction à terre qui le rapprochera peut-être un peu plus de sa femme et de ses deux enfants...
Retrouvez la suite des images de Fisheye au coeur de l'Amerigo Vespucci dans une prochaine galerie.